L'hygiène des pieds sportifs

QUOTIDIENNEMENT OU AVANT CHAQUE SORTIE : L’HYDRATATION :


L’utilisation d’une crème anti-frottement à base de silicones permet d’hydrater le pied et, en déposant un film protecteur à effet seconde peau, prévient de façon très efficace l’apparition de phlyctènes. Parallèlement à cela, il faudra, dans le cadre d’une préparation trail ou longue distance, prévoir 4 semaines avant l’épreuve un tannage de la peau.


Pour ce faire, il existe aujourd’hui des crèmes tannantes qui permettent, en une seule application, de tanner et d’hydrater la peau, évitant ainsi l’application fastidieuse de citron coupé ou d’acide picrique associé à du beurre de karité.


REGULIEREMENT OU 15 JOURS AVANT LA COURSE : LES SOINS DE PEDICURIES :


Cors et durillons sont souvent la conséquence de pressions excessives, il est donc indispensable de les faire enlever pour éviter qu’ils ne favorisent l’apparition d’ampoules sous-cutanées profondes.

Le soin sera également l’occasion de vérifier la coupe d’ongle qui doit être faite « au carré », les coins légèrement arrondis avec une lime en carton. On évitera ainsi l’ongle incarné ou l’ongle mal coupé qui, en blessant l’orteil voisin, provoquera une blessure insupportable au 30ème kilomètre !


A FAIRE ABSOLUMENT SI NECESSAIRE : LE TRAITEMENT DE L’HYPERHIDROSE!


La transpiration excessive fragilise la peau et devient le facteur favorisant des lésions du pied du sportif, il est donc fondamental qu’elle soit parfaitement contrôlée.

On utilisera des crèmes ou des poudres anti-transpirantes vendues en pharmacie qui, la plupart des cas, régulent parfaitement la transpiration. Les formes les plus sévères pourront être traitées par ionophorèse en cabinet de podologie. Le traitement est long, mais reste de loin le plus efficace.

 

LES BLESSURES PENDANT LA COURSE : QUE FAIRE ?


Sur les courses de courte et moyenne distance, il y a souvent un staff médical et podologique qui permet de gérer, à l’arrivée, les lésions survenues pendant la course.

En revanche, sur les courses de longue distance ou les trails de plusieurs étapes, il est souvent nécessaire d’intervenir rapidement pendant la course pour permettre au concurrent de repartir au plus vite.


Comme le soulignent certains spécialistes de ce type d’épreuves, la grande majorité des blessures rencontrées sont des pathologies d’origine cutanée. Elles se matérialisent par des phlyctènes qui apparaissent à partir de 100 à 150 km d’efforts. D’importance variable mais souvent considérable, elles touchent en premier les orteils et dans un second temps, l’arrière-pied. Il faut alors agir rapidement pour éviter les complications (telles que les fasciites plantaires). Elles seront ponctionnées à l’aide d’une seringue partiellement remplie d’éosine aqueuse (qui possède un pouvoir tannant). Le liquide sera ensuite réinjecté dans l’ampoule  pour l’assécher et la désinfecter (l’injection d’éosine pure pourrait brûler la peau). Pour permettre au concurrent de répartir, on réalisera (en conservant l’épiderme décollé) un pansement à base de tulle gras fixé au collodion riciné. Au fil des kilomètres, les échauffements peuvent décoller l’épiderme et provoquer des brûlures de marche qui conduisent à l’abandon.


S’il fallait un dernier argument pour convaincre les coureurs les plus récalcitrants, je rappellerais juste que la moitié des abandons en compétition sont dus à des blessures au pied d’origine musculo-tendineuse ou cutanées.

La prévention reste donc le meilleur moyen de réussir à franchir la ligne d’arrivée.